La vie de Pierre Escarbassière (1869-1945)........

Jean Baptiste ESCARBASSIERE natif d’Omps, et sa femme Marie CALDEMAISON native de Saint Saury, vivent au hameau de Lavinal, dans la commune de Sansac de Marmiesse.

Leur fille Julienne, célibataire de 31 ans, accouche dans leur maison, le 13 octobre 1869, d’un garçon prénommé Pierre. La rumeur familiale laisse entendre que cet enfant est issu des amours illégitimes de sa mère avec un riche bourgeois célibataire, chez qui elle était placée comme servante. Mais cet homme, décédé prématurément d’un accident de chasse, n’aurait pas eu le temps de l’épouser.

Pierre ESCARBASSIERE est scolarisé à l’école de Sansac de Marmiesse. Il figure, en 1880, dans la liste des enfants admis gratuitement à l’école primaire. Ses grands parents décédés, il habite au bourg avec sa mère déclarée « journalière ».

L’émigration en Castille, est alors une constante chez les habitants du canton, favorisée par l’intermédiaire de parents ou d’amis déjà expatriés. Sur l’invitation d’une famille Vidal, Pierre quitte l’Auvergne vers 1885, pour Villaviciosa de Oron, en banlieue sud de Madrid.

Pierre revient en Auvergne pour accomplir ses obligations militaires. Le 21 novembre 1890, il est incorporé au 139 ème de ligne, basé sur Aurillac. Ses papiers le décrivent de petite taille (1m 55) aux yeux bleus et cheveux châtains. Bien que marchand, de son métier, il est dit savoir lire et écrire, mais pas compter ! Le 23 septembre 1891, à l’issue de son service, il regagne son domicile à Mostoles en Espagne. Puis il s’installe à Vicalvaro, toujours en banlieue sud de Madrid, en 1895, en compagnie d’un nommé Pierre CARIER, commerçant français comme lui.

A cette époque, on trouve installé dans ce même village, Luis PUCHALDON boulanger « tahonas » et Eugénio VERMENOUCE  qui tient un commerce de tissus, tous deux également auvergnats.

Le 4 juillet 1899, Pierre épouse à Vicalaro, Maria Del Carmen Donatila MUNOZ SANCHEZ, née à Vicalvaro le 30 juillet 1878 de Anselmo, ancien alcade de Vicalvaro,  et de Juana SANCHEZ. Anselmo mesurait 2 m 05, et sa fille 1 m 78, soit 9 ans de moins et 23 centimètres de plus que son mari !

Ils auront 4 enfants :

- Juliana Enriqueta, née en 1900. Mariée à un juge, elle s’installera à Caracas et y décèdera en 1979
- Antonio, né en 1901, et qui décèdera de la rougeole, à l‘âge de six mois.
- Miguel Enrique, né en 1903. Il épousera Philomène CONORT à Aurillac, et décèdera à Yvetot en 1944
- Juana, née en 1905 et décédée avant 1911

Un cinquième accouchement se termine dramatiquement pour Maria Del Carmen Donatila, qui, sans pouvoir mettre son enfant au monde, décède en 1911 de fièvres puerpérales.

Pierre se retrouve donc veuf à 41 ans, avec deux jeunes enfants encore à élever, et trois commerces à tenir. Car en 1909, il apparaît dans les registres de commerce comme propriétaire de « comestibles », « carcineria » (boucherie), et « tejidos » (tissus). Ces trois commerces se seraient tenus dans un même local situé Place de la Constitucion.

Pour l’aider à élever ses enfants, Julienne ESCARBASSIERE, sa mère vient alors le rejoindre à Vicalvaro, dès le décès de son épouse. Elle est âgée de 75 ans …

Quelques anecdotes sur Julienne.

Tout comme son fils, elle était très petite, environ 1 m 50, et faisait en maugréant, des tricots  pour le beau père de Pierre qui mesurait 2 m 05. Elle détestait les corridas qui se déroulaient sur la place du village, et frappait les personnes qui applaudissaient, avec son grand parapluie auvergnat qui ne la quittait pas. Elles les traitait d’assassins, ce qui lui valait souvent d’être appréhendée par les carabiniers. Son fils allait la récupérer, et quand il la réprimandait, elle répondait qu’elle retournait en Auvergne. Elle mettait alors quelques affaires dans un baluchon qu’elle enfilait sur son parapluie pour le porter sur l’épaule, et prenait la route à pied. Heureusement, le réseau d’auvergnats de la région chez qui elle faisait étape, fonctionnait bien, et son fils n’avait aucun mal a la récupérer.

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